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Pourquoi les valeurs technologiques américaines dévissent en bourse?

Les valeurs technologiques avaient été portées par un contexte qui leur était plutôt favorable durant la crise sanitaire. Dès la fin de l'année 2021, elles ont accusé une baisse. En effet, depuis pratiquement un an, les valeurs technologiques américaines souffrent après plusieurs années de très bonnes performances boursières. Les mauvais résultats de certaines de ces sociétés ont encore plus refroidi les investisseurs qui fuient ces sociétés autrefois très populaires.


Le Nasdaq connait de véritables montagnes russes depuis ce début d’années, qui ont particulièrement touché certaines entreprises comme Meta, la maison mère de Facebook. L'entreprise a perdu 65% de sa valeur en passant de 378 dollars l'action le 10 septembre 2021 à 133 dollars ce 11 octobre. Idem pour Netflix, qui a décroché de 66% en 1 an, son action passant de 690 dollars le 21 octobre 2021 à 229 dollars ce 11 octobre. Mais la plus forte baisse est attribuée à la plateforme de visioconférence Zoom qui est passé de 383 dollars le 6 août 2021 à 74 dollars ce 11 octobre, ce qui représente une baisse de 80% de sa valeur en un peu plus d’un an.


En plus de cela, aux États-Unis comme en Europe, la période n'est pas favorable non plus aux introductions en Bourse. Selon Morgan Stanley, sur les huit premiers mois de l'année, il n'y a eu aucune IPO (introduction en bourse) de société technologique de plus de 50 millions de dollars aux États-Unis, ce qui ne s'était pas produit, ni après la crise de 2008, ni après l'éclatement de la bulle internet. Le nombre d'introductions en Bourse est en chute de 92% par rapport à l'année dernière.


Comment explique-t-on cela ?

Valentin Nicaud, membre de la cellule infos d’expert chez le courtier Bourse direct nous explique cela. « Il y a un ensemble de circonstances, d’abord la hausse des taux directeurs. Ce n’est pas positif pour les marchés actions en général et ça l’est encore moins pour les sociétés de la tech qui sont souvent très endettées car elles sont jeunes et font beaucoup de recherche et développement. Quand les taux directeurs remontent, le coût de la dette augmente aussi donc cela diminue les cash-flow futurs. Or les valeurs technologiques américaines sont chères en bourse, car elles ont de très bonnes perspectives de revenus futurs, donc dès qu’elles déçoivent un peu, ces valeurs dites de croissance sont sanctionnées. Le deuxième point qui explique la baisse des valeurs technologiques c’est le développement d’un univers concurrentiel notamment pour certaines entreprises. Meta par exemple n’avait pas anticipé l’arrivée et le succès de TikTok qui menace de prendre des parts de marché à Facebook.


Enfin, ces sociétés technologiques avaient beaucoup monté pendant le pic du Covid et les périodes de confinement, car le nombre d’utilisateurs de services digitaux a fortement augmenté pendant cette période. Donc elles étaient peut-être devenues un peu trop chères pour les investisseurs. Maintenant, je ne pense pas qu’on puisse dire que c’était une bulle qui a éclaté et qui ne reviendra plus à des prix aussi élevés que pendant le Covid.»


Les perspectives pour les prochains mois

« Ces sociétés sont revenues à des niveaux de cours souvent inférieurs à leurs niveaux d’avant Covid, mais ces entreprises ont augmenté leurs revenus, donc elles sont censées valoir plus cher. De plus, certains analystes anticipent déjà des baisses de taux et parlent de revenir sur les valeurs de croissances comme les valeurs technologiques. Donc nous pourrions encore subir une correction de 5%, mais 10% ou plus, je ne pense pas.


Cela étant, il va falloir attendre le pic de l’inflation et une réelle perspective de baisse de taux pour voir les investisseurs revenir sur les valeurs technologiques. D’ici quelques semaines, déjà, beaucoup de gérants jetteront un œil à ces sociétés et regarderont si nous sommes à des points bas et si c’est le moment d’acheter. Mais il restera tout de même la question de la concurrence et des perspectives de croissance pour Meta, Netflix ou Zoom. » explique M. Nicaud.


Source : challenges.fr


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