Le metaverse : une opportunité immobilière ou un simple effet de mode?

Le "metaverse" est devenu ces derniers mois l'un des mots les plus en vogue dans l'univers de la tech et du jeu vidéo. De quoi s'agit-il concrètement ?


Danser en boîte de nuit avec ses amis sous la forme d'un avatar, gravir le sommet de l'Everest à travers un casque de réalité virtuelle, ou encore faire une réunion entre collègues dans un bureau numériquement reconstitué à l'identique,... Le "metaverse" promet de repousser les limites du monde physique jusqu'à ce qu'univers réel et virtuel finissent par se confondre.


Qu’est-ce que le metaverse ?


La première fois que le terme est apparu, c’est dans le livre “Le samouraï virtuel“, publié en 1992 par l’Américain Neal Stephenson. Dans cet ouvrage, l’auteur dépeint un riche entrepreneur qui a créé un monde parallèle, où se mêlent réalité virtuelle et réalité augmentée. Le Metaverse est donc un monde parallèle, immersif, en trois dimensions, un monde virtuel mais aux interactions bien réelles. C’est un monde où chacun peut évoluer, à travers un avatar ou un hologramme. C’est aussi un univers où les types d’activités sont très variés : jouer, travailler, discuter, apprendre, etc.


Le patron de Facebook Mark Zuckerberg, qui le décrit comme le futur "Graal des interactions sociales", a décidé d'investir massivement dans le "metaverse", et a également rebaptisé le groupe Facebook en Meta.


La vision du metaverse selon Meta (Facebook) :


Meta (Facebook) n'est pas le seul à vouloir investir ce nouveau Graal. EpicGames, le créateur de Fortnite, fier de ses 350 millions d'utilisateurs a déjà commencé à opérer sa mutation en metaverse. Et l'entreprise Microsoft tient à rappeler qu'elle planche sur Mesh, une extension de Teams (communication collaborative), une application professionnelle proche d'un metaverse. Un rapport de Bloomberg Intelligence estime que ce marché pourrait représenter 2.500 milliards de dollars d'ici 2030 !


Des opportunités à saisir pour les grandes marques ?


Qui dit nouvel espace communautaire, dit nouvelles opportunités business pour les marques à la recherche de visibilité. S’il semblerait que nous assistions aux prémices du metaverse, les entreprises les plus créatives ont déjà su saisir les opportunités qu’il offre : événements virtuels, partenariats, placements de produits, shopping virtuel… les options sont infinies. On peut par exemple penser à :


  • Roblox et Gucci, avec la création d’un espace d’exposition virtuel à durée limitée en parallèle de l’événement physique Gucci Garden. La marque de luxe, qui avait décidé de commercialiser ses produits en format virtuel pour l’occasion, a réussi l’exploit de vendre un sac virtuel plus cher (4 115 $) que sa version physique (vendue en magasin à 3 500 $).

  • La création d’influenceurs virtuels sur les réseaux sociaux, comme par exemple Lil Miquela, une personnalité virtuelle qui cumule 3 millions d’abonnés sur Instagram. Des marques comme Calvin Klein, Samsung, Prada ou encore Spotify ont d’ores et déjà collaboré avec l’influenceuse

  • Des festivals de musique comme par exemple le Metaverse Festival qui a eu lieu sur Decentraland. De nombreux artistes internationaux étaient sur scène pour faire le show

Et l’immobilier dans tout ça ?


Depuis 2021, on assiste à un essor spectaculaire des prix de l’immobilier dans les metaverses. Les terrains virtuels sont considérés comme un placement hautement rentable par de plus en plus d’investisseurs. Ils sont aussi de plus en plus prisés par les marques qui souhaitent développer leur visibilité sur les mondes virtuels. PwC, Adidas, Samsung, ou encore la maison de vente aux enchères Sotheby’s ont déjà commencé à investir dans les metaverses Decentraland et The Sandbox.


L’immobilier virtuel n’est pas une nouvelle activité. Les joueurs de jeux vidéo achètent et vendent des terrains depuis longtemps sur les espaces virtuels. Cependant, les metaverses ont récemment bénéficié d’importantes avancées technologiques, tels que la réalité virtuelle (VR) et réalité augmentée (AR), permettant une expérience réellement immersive et un intérêt pour le grand public. D’autre part, ce sont les tokens non fongibles (NFTs) qui ont permis l’essor de l’immobilier sur les metaverses, en apportant une garantie de propriété sur la blockchain.


Quel intérêt d’investir dans une parcelle du metaverse ?


Tout d’abord, comme pour un investissement immobilier dans la vraie vie, un terrain virtuel peut être constructible. On peut donc imaginer y développer une activité commerciale telle qu’une boutique, une galerie d’art, une attraction, et ainsi générer un revenu.


D’autre part, la parcelle peut être louée. Bien qu’il reste encore difficile d’évaluer les prix du marché de la location, on peut anticiper une demande croissante d’espaces commerciaux, mais aussi de résidences privées virtuelles sur les metaverses. De même, des panneaux publicitaires peuvent être installés et loués à des annonceurs.


Le metaverse The Sandbox : Gucci, Binance, les Schtroumpfs, SnoopDogg, mais aussi Atari et le DJ Deadmau5 ont déjà acheté leur terrain, en tant que « propriétaires fonciers virtuels »


Peut-on parler d’une bulle immobilière ?


Certains investisseurs vont acheter un titre de propriété sur un metaverse dans un but spéculatif, misant sur le potentiel de développement des metaverse, et donc d’une envolée des prix des parcelles…En effet, les experts du sujet anticipent une croissance extraordinaire de l’industrie du metaverse. Les estimations pour 2024 vont de 800 milliards de dollars, selon Bloomberg Intelligence, à 8 000 milliards de dollars, selon la banque américaine Morgan Stanley. Ainsi, alors qu'au cours du premier mois de l'année dernière, des ventes de biens immobiliers virtuels d'une valeur totale de près de 8 millions de dollars ont été réalisées, en janvier 2022, les ventes ont plus que décuplé et ont dépassé les 85 millions de dollars. L'étude BrandEssence montre que le marché immobilier dans le metaverse croîtra à un taux annuel moyen de 31% de 2022 à 2028.


Reste à savoir si un marché immobilier normal peut être développé et s’il y aura un marché hypothécaire correspondant, car tout le battage médiatique avec le metaverse a commencé de manière très dynamique lorsque Mark Zuckerberg a annoncé l'évolution de Facebook vers Meta, mais "dégonflé" légèrement pendant la récente grande baisse de la cryptographie.


Quoi qu'il en soit, nous vivons encore les premières expériences dans le metaverse et toutes les branches du monde réel ou virtuel qui s'en occupent tentent d'évaluer les opportunités qui s'ouvrent et d'assurer les bonnes collaborations pour proposer de nouveaux produits et services qui simuleront le vrai monde.


Source : francetvinfo.fr;wedemain.fr; futura-sciences.com; mediaterranee.com; cryptoast.fr; blogdumoderateur.com